Solidarité

Je ne pouvais contenir ma colère quand le policier m’affirma avec hauteur que je roulais trop vite. Pour mettre fin à mes protestations, il prit son talkie-walkie et demanda à son compère de préciser la vitesse à laquelle roulait la Peugeot grise. « 61 Km/h » lança une voix grésillante. Satisfait de la réponse de son collègue comme s’il s’agissait de vérité révélée, le policier commença à remplir une grande feuille jaune. Mon indignation ne fut que plus grande : « C’est injuste d’être verbalisé pour 1 km/h de dépassement». Le policier m’ignora et était déjà sur une seconde affaire. Il arrêta une nouvelle voiture que son collègue venait de dénoncer. Après quelques échanges avec son chauffeur, le policier tendit encore une fois son talkie-walkie pour que puisse écouter la parole révélée. L’air abattu, il donna ses papiers. Mais voilà qu’une troisième voiture est arrêtée à son tour et le chauffeur entama le rituel des négociations. Je saisis l’occasion pour aller voir le deuxième automobiliste qui me confirma qu’il avait à peine dépassé la vitesse autorisée deux misérables km/h. Une aubaine pour moi pour mobiliser les victimes d’une lecture trop stricte de la limitation de vitesse. Me voyant m’approcher du troisième automobiliste, le policier me tança: « tu prépares une émeute ou quoi? ». Fort de l’avantage numérique de ma base, je lui ai répondu sur le ton d’un leader,  que nous, honnêtes citoyens, nous n’allons pas nous laisser faire. Mes propos semblaient accueillir l’approbation de mes deux camarades. Voyant que les choses commençaient à prendre une tournure « politique », le policier rendit leurs papiers à mes deux acolytes, qui, sans s’enquérir du cas du leader, déguerpirent. Le sourire aux lèvres, le policier me tendit le papier jaune en me demandant de passer récupérer mon permis au commissariat. Je m’enquis sagement de l’heure à laquelle je devais passer.

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